Le lundi 10/03 je me suis posé et j’ai été hébergé à Cap Skirring (extrême sud du Sénégal) dans une maison magique (encore grâce aux réseaux sociaux 🙏 Merci à mes hôtes )

Je vous livre quelques beaux souvenirs déjà plantés au fond de mon cortex.

Sur la route pour arriver jusqu’ici j’ai vu des rassemblements (derrière de grands draps) de villageois autour de vieux arbres du village, qui chantaient et que j’entendais loin loin sur ma route ❤️

C’était incroyablement beau et émouvant à entendre.

C’était, je pense, les premiers rassemblements chrétiens que je voyais depuis le début de mon voyage en Afrique.

Parce que , comme je traverse des pays musulmans et que c’est le Ramadan….c’est un détail auquel je n’avais pas vraiment prêté attention dès le départ. La gestion quotidienne de ravitaillement est extrêmement compliquée.

Je dois, par la force des choses, vivre au rythme du jeûne, 

parce que rien n’est ouvert. 

Donc généralement je ne mange que tard le soir comme eux.

Je me suis donc adapté aux traditions religieuses.

C’est vraiment pas recommandé quand tu roules beaucoup et que tu te dépenses énormément mais j’ai tenu le coup.

Je ne me suis pas bien nourri surtout dans la partie plus Musulmane. 

Et donc je vous avoue que les plats de ma grand-mère (on mange en famille tous les jeudis) me manquent énormément ❤️

Et que ceux de ma mamy presqu’autant 😂 ( pour ceux qui savent : elle innove tout le temps et fait des essais régulièrement. Elle nous fait souvent peur 😁)

Mais il y a plus de chrétiens depuis que je suis dans le sud du Sénégal.

Et c’est donc plus facile pour me nourrir 🙏

Sinon je pense que je me trouve plus serein psychologiquement depuis quelque temps.

J’ai tout de même besoin de téléphoner très régulièrement à mes proches. C’est ce qui me fait tenir.

L’absence.

Des dates clés.

Des fêtes.

Des anniversaires.

Ma grande sœur qui achète sa maison et je ne suis pas là.

C’est difficile mais c’est mon choix et j’assume ces moments plus sombres qui parfois me gagnent.

Et je sais aussi que ça empêche mes parents d’être totalement sereins et légers parfois.

Je leur impose une aventure intérieure aussi et je sais que pour eux ce n’est pas facile tous les jours.

Ah oui et puisqu’on en est à ce chapitre…..maman ne va pas écrire de livre (ça c’est pas moi qui lui ai dit de l’écrire!! C’est elle qui prend la liberté de vous l’annoncer toute seule 😁😂) (toute petite parenthèse clôturée)

Partir seul en Afrique c’est aussi faire la rencontre qui te remet à ta juste place.

Celle où tu ranges ton égo dans ta poche et te fais prendre conscience qu’au fond tu es juste une toute petite histoire sur la planète parmi tant d’autres.

Tu es juste un tas  de cellules en vie et en mouvement.

Et donc ce jour-là j’ai croisé un incroyable monsieur qui voyage autour du monde autant qu’il le peut en chaise roulante électrique.

J’ai fait un bout de route en plein milieu du Sénégal. Moi en vélo et lui sur sa chaise roulante.

Mon histoire est toute petite à côté de la sienne.

Alors tu vois… la claque que je prends.

Ensuite j’ai été convié à 3 jours de fête dans le village où je suis hébergé.

Je découvre que j’ai une chance inouïe d’être au cœur des cérémonies, danses, chants et luttes en habits traditionnels autour de l’arbre sacré de Cap Skirring.

Tous les villages alentours viennent se confronter les uns aux autres selon des rituels établis.

Cela tombe 1 x par an et je suis là pour les immortaliser.

Faut croire que mon étoile est encore présente ⭐️

Dimanche 16 mars j’ai repris la route vers la Guinée Bissau

140km sous 43 degrés.

Même l’eau de mes gourdes est chaude et ne me désaltère pas.

Changement de décor et de langue.

Ici on parle le portugais. Pratiquement pas de magasins sur la route (c’est d’ailleurs très compliqué pour se ravitailler et pour s’acheter de l’eau).

L’état des routes est pitoyable et il n’y a de l’électricité que 2 ou 3 heures sur la journée.

Par contre c’est une des seules frontières pour laquelle tout s’est passé très facilement.

Un des douaniers qui parle quelques mots en français me propose de venir partager le repas avec toute l’équipe.

J’ai pas boudé mon plaisir de traverser une frontière africaine aussi cool 😁

Ils ont même pas essayé de m’arnaquer!

La Guinée Bissau c’est une étape spéciale à vivre pour moi car je suis coupé de tout : pas d’électricité, donc pas de réseau et donc très peu de connexion avec la vie avec l’Occident.

Pas de nouvelles avec ma famille pendant 4 ou 5 jours. C’est difficile. Je sais aussi le stress que cela suscite chez eux.

Et puis surtout pas d’itinéraire précis puisque pas de connexion.

2025 et c’est donc encore possible tout ça. Cette réalité est tellement pas la nôtre que c’est pas envisageable pour l’européen que je suis. Je m’adapte. Encore et toujours.

J’avance.

Je roule beaucoup, à me faire mal aux jambe et aux bras. Les routes sont des pistes remplies de cailloux et de grosses pierres dont les vibrations et les chocs épuisent mon corps et me font souvent tomber.

Je dois être prudent pour ne pas me blesser car je suis loin d’être dans les conditions d’hygiène aseptisée nécessaires pour ne pas aggraver la moindre petite blessure anodine.

Pas de médecin. Encore moins d’hôpital dans le coin.

Voilà pourquoi je roule d’ailleurs.

Cette pensée m’obsède un peu.

Ces gens n’ont rien et encore moins accès à des soins élémentaires.

Et l’hôpital de Pawa se retrouve dans une zone de conflits, c’est encore plus dramatique. Mon choix de les aider prend encore plus de sens.

Bref mon vélo est aussi fatigué que moi. 

Mais je trace inlassablement au milieu des bidonvilles (oui c’est très très pauvre ici ) 

C’est d’ailleurs la galère pour trouver des endroits pour dormir mais je me débrouille à chaque fois.

Et dans le désordre, je vous livre quelques bribes d’anecdotes aussi folles que cette histoire l’est : comme cette villageoise entièrement nue qui se retrouve dans la case que je viens de louer pour dormir (je pense que tout le village a entendu l’homme blanc crier NON dans une langue qu’ils ne comprennent pas) Est-ce qu’elle était attirée par la couleur de ma peau, par ma barbe de plusieurs semaines, par l’envie d’avoir un bébé métisse, par mon charme indescriptible 😂 ou simplement pour me remercier de l’avoir aidée quelques minutes plus tôt avec son énorme panier sur sa tête? (Je ne le saurai jamais…) 

Ou ce passeur qui m’a aidé à traverser une route impossible à prendre en vélo (trop accidentée et dangereuse) pour arriver jusqu’en Guinée.

Il m’a fait grimper sur sa mobylette en ficelant et sécurisant un maximum mon engin. 

Notre escapade à toute vitesse à travers la savane, au milieu des animaux puis sur une barque à écoper l’eau, restera à tout jamais gravée dans ma mémoire.

Franchement Peter Jackson (Seigneur des Anneaux) peut me contacter demain pour produire un film de ça…..tout est vrai! Et encore je vous raconte pas tout 😂😅

Depuis jeudi 20 mars, je suis à Conakry 🙏

Hébergé dans la famille d’une amie.

Je m’y pose quelques jours pour la suite de l’administratif  et pour préparer le parcours jusqu’en Côte d’Ivoire.

J’imagine qu’il y aura encore de quoi remplir quelques lignes de ce blog 🙏

Je vous embrasse tous et vous remercie infiniment de me porter dans vos pensées ⭐️

A+

Y.

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