Replay sur mon trajet le long des routes qui longent la côte marocaine avec cette vue incroyable sur le sable et la mer à perte de vue.
Je suis donc arrivé à 25km de Tiznit où Martin et ensuite Natalie m’ont gentiment hébergé.
J’ai également découvert le Nid d’Aigle, un lieu magique hors du temps. Dans cette auberge-restaurant tenue par une belge, des stages de parapentes sont organisés par une équipe de feu.
J’ai eu la chance et le privilège de recevoir ce cadeau de Natalie et Karin.
Dingue.
Dingue.
Dingue.
J’ai sauté le 13 février (sans mon vélo 😁) dans un décor de folie. Faut dire que le spot est à couper le souffle.
Le soir, Zack venait me rejoindre et nous nous rencontrions pour la première fois.
Il est franco-marocain et il me suit depuis quelques semaines sur les réseaux sociaux.
Il m’avait contacté car il a aussi un projet humanitaire et il veut également traverser l’Afrique en vélo.
On s’était dit que c’était une chouette idée de faire un bout de route ensemble 🚴🚴
Nos trajectoires respectives se sont croisées et les planètes se sont alignées.
Y a pas de hasard.
Si? 😊
Me voilà avec un compagnon de route pour affronter un morceau justement plus délicat.
Nous avons démarré notre périple à 2 le vendredi 14/02.
Tout droit vers le Sahara que nous avons atteint le 16/02.
Le sable à perte de vue.
Une ligne droite, longue qui semble ne jamais se terminer.
Une route si linéaire qu’elle te paraît trop facile.
Mais en fait, au fil des kilomètres elle te mange, elle t’avale, elle t’aspire et surtout elle te trompe. Car elle est terriblement dangereuse.
Les camions y sont rois.
Ils te balayent d’une rafale de sable, d’une bourrasque.
J’y ai vu quantité d’accidents alors qu’il y a bien moins de circulation qu’ailleurs sur la planète. En est témoin, l’épisode de ce chameau domestique percuté par un véhicule juste avant notre passage et que nous avons dû déplacer parce que le corps entravait la route.
Qu’il a fallu percer pour éviter qu’il explose. ( voilà une expérience de plus dans cette aventure!)
Tu n’y rencontres pas grand monde évidemment mais on a quand même eu la chance d’être invités par une famille. Et pendant le repas, la petite fille a avalé une pièce et on s’est tous retrouvés aux urgences (tout s’est bien terminé pour elle 🙏)
Et puis si le décor est époustouflant, il est tout de même ponctué de milliers de bouteilles d’urine lancées par les camionneurs sur le bord de la route.
Je ne peux mal d’oublier cette vue de carte postale (et je me demande surtout si les camions poubelles passent de temps en temps? 😁)
Et si la police , marocaine pour le coup (même si le Sahara se revendique comme un peuple indépendant) qui surveille et se poste régulièrement sur la route, verbalise ou non ces incivilités? C’est étrange…
On s’est rendu compte à 2 jours de la frontière Mauritanienne que la loi avait changé. Depuis le 25 janvier, obligation de t’inscrire via un site pour envoyer ta demande de visa. Alors que l’info jusque là c’était de payer tes documents directement à la frontière 🙄
La galère évidemment quand t’as du réseau qu’à moitié et que tu sais pas télécharger correctement les photos dans les bons formats toussa toussa…
C’est pas qu’on s’énerve.
Mais presque.
Surtout que si t’es pas accepté, y a RIEN autour pour attendre.
On a donc serré les fesses 🙏
Et on a continué à avancer.
Heureusement les visas ont été acceptés.
Nous sommes donc arrivés en Mauritanie le samedi 22/02 avec beaucoup de km dans les cuisses (160 km la veille et 80 km le jour même en plein soleil et le vent contre nous + ceux d’après pour rejoindre le premier village juste après)
Le désert ça devenait difficile.
Il était temps de sortir de ces lignes droites qui n’en finissent pas.
Et moralement c’est compliqué pour quelqu’un comme moi qui cherche le contact et la découverte de l’autre.
Mais c’est ok aussi de le comprendre et de l’accepter.
J’ai aussi appris le décès d’une connaissance pendant cette traversée (c’est la 4ieme ou 5ieme depuis mon départ).
Mais cette fois-ci, elle avait mon âge.
Et l’insouciance de ma génération.
Brisée en une micro seconde.
Je vis ça seul et loin de tous.
Sans pouvoir prendre personne dans mes bras.
Moi qui suis tactile (je m’en fous j’ai pas peur de le dire et de l’écrire)
C’est donc une autre leçon de vie que je m’apprête à traverser car je sais qu’elle va me suivre tout le reste du périple.
Mais c’est une introspection que je ne m’attendais pas à vivre.
Ma famille me manque.
Mes amis me manquent.
Terriblement.
L’éloignement est une épreuve pour moi. Je le savais.
Et pourtant j’ai compris aussi que j’ai une chance infinie de vivre cette histoire. Et qu’au travers de cet isolement familial j’apprends tous les jours sur moi (je grandis, j’ose changer et transformer mes options non négociables de départ, j’écoute et j’observe,…)
Et puis…
Je traverse des pays alors que d’autres les fuient (j’ai vu des pickup remplis de migrants dans le désert)
Alors je réfléchis à ma place dans tout ça.
Dans ce monde.
Je vis donc un jour à la fois et tente, à mon échelle, d’être aligné au mieux avec mes valeurs.
C’est dans cet état d’esprit que j’ai posé mes 2 roues en Mauritanie le 22/02, toujours accompagné de Zack.
Nous avons assez vite compris que nous allions traverser le pays rapidement.
C’est un pays qui pourrait être agréable à découvrir mais il y règne un sentiment d’insécurité.
Nous avons roulé un max pour être au Sénégal le 24 février.
Nous y sommes arrivés tard le soir mais avec un « ouf de soulagement » ☀️
Depuis je suis accueilli par de chouettes hôtes….tout ça grâce aux réseaux sociaux 🙏
Quelle chance!
A+ pour la suite des aventures
Y.

No responses yet